Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier ont obtenu lundi 6 octobre le prix Nobel de médecine pour leurs travaux menés sur le virus du Sida. En 1983, à l'Institut Pasteur, ils sont les premiers à isoler le virus. 25 ans d'épidémie plus tard, le vaccin contre le Sida n'a toujours pas été trouvé. Le nobel est l'occasion de parler d'une maladie qui sévit toujours alors que médias et politiques l'oublient régulièrement. Entretien avec Bruno Spire, président de l'association Aides.
Quelle a été votre réaction en apprenant l'obtention du prix Nobel de médecine par Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier ?
J’étais extrêmement content et ému pour Françoise Barré-Sinoussi. Elle a toujours été un chercheur dans l’ombre, pas médiatique et jamais sur le devant de la scène. Elle n’a jamais arrêté de travailler sur le virus. Cette reconnaissance et cette récompense sont méritées et formidables.
Quel impact l'obtention de ce nobel peut-il avoir sur la recherche contre le virus du Sida ?
L’attribution peut être perçue comme un message : ce n’est pas l’enterrement de la recherche mais bien le contraire. La recherche sur le VIH peut donner des récompenses aussi importantes que le Nobel et son obtention signifie qu’il faut continuer l’effort de recherche plus que jamais. Une tendance aujourd’hui est de remettre en cause l’intérêt de mener des recherches tout particulièrement sur le Sida. Ce Nobel doit montrer au jeunes chercheurs que le fait de travailler sur le VIH est intéressant et qu'il existe dans le domaine une forte productivité scientifique. Aucun vaccin, ni traitement qui guérit n'ont encore été trouvés. Les besoins sont donc énormes.
Comment jugez-vous le traitement accordé à la maladie par les médias et les politiques ?
Actuellement le traitement médiatique du Sida revient à dire : le Sida ne nous concerne plus, il concerne l’Afrique. Ce message contribue au fait que le public et les politiques pensent que l’épidémie est dernière nous. Alors que l’épidémie que ce n'est pas du tout le cas ! Nous sommes au contraire dans une épidémie durable, aussi bien en France que sur le plan international. Et si on commence effectivement à voir quelques solutions, on n’est pas prêt de voir la fin de l’épidémie.
Par exemple, les groupements régionaux de santé publique ne donne pratiquement plus de financement à la prévention vers les gays. Parce que ces groupements considèrent qu’il y a d’autres priorités de santé, outre le fait que ces populations ne soient pas "politiquement correctes". Les priorités nationales sont définies par la direction générale de la santé (dont le prévention du Sida ndlr). Le problème est que les groupements régionaux de santé publique, s'ils sont bien contrôlés de façons démocratiques, sont composés, la plupart du temps, par des gens qui sont à distance de la maladie. Pour eux le fait que la trithérapie existe, pose le problème du sida derrière nous. Ainsi ils ne le considèrent plus comme une priorité. En région, on préfère donner de l’argent ailleurs.
Et que faudrait-il financer ?
Contrairement à beaucoup d’endroits dans le monde, en France, nous avons tous accès à la trithérapie. Le problème ici est l’accès à la prévention et au dépistage. Aujourd’hui en France, la prévention est largement insuffisante. On la conçoit seulement en termes d’information alors qu'il faut rencontrer les gens, discuter avec eux. Mais pour ça, il faut des moyens. Informer ne suffit pas, il faut mettre en place une prévention de proximité qui permette aux gens de s’interroger sur leurs propres pratiques et leurs prises de risques. C’est comme ça qu’on parvient à changer les comportements. Il faut des acteurs de terrains.
Selon vous quel regard porte le public sur la maladie ?
Le public, au moins une partie, pense qu’il n’y a plus de problèmes grâce à la trithérapie. Les choses vont effectivement mieux mais demeurent très problématiques. Ce qui demeure inchangé, c’est la pensée collective que les personnes atteintes sont un peu coupables et fautives de ce qui leur arrive. A Aides, on constate une baisse de la solidarité du public vis-à-vis des personnes malades. Il existe une stigmatisation constante des personnes vivant avec le VIH, à cause des modes de transmissions qui sont des modes de transmissions sexuels. Les discours xénophobes et homophobes participent à la culpabilité rejetée sur les malades. Gagner en tolérance et en acceptation de la différence permettrait d'améliorer la situation.
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Envoyé par jcm le 10/17/2008 - 12:26 :
je suis en couple sérodiscordant, je reprends illico une observance dont je n'avais pas mesure les bienfaits. J'ai toujours douté de l'avantage pour ma propre santé de respecter cette observance, mais je là je suis sur un petit nuage : je ne représente plus un danger pour personne. Que l'info soit cachée, on comprend pourquoi, mais cela sera su à terme par le bouche à oreille. La culpabilité, c'est fini. Les problèmes de prévention des séronégatifs n'est pas le nôtre, nous ferons la prévention nous-mêmes et mieux quand les spécialistes auront repris la main sur les militants. La prévention marchera si le gens séropositifs se font traiter, donc s'ils sont mis en confiance,et on comprend pourquoi les assos actuelles sont sur la sellette : la plupart des gens qui ont contaminé leurs partenaires ne l'auraient jamais fait s'ils avaient su qu'une bonne observance amenait la non-transmissibilité du VIH ! je n'irai pas jusqu'à dire que les personnes contaminées iront jusqu'à pardonner à celle qui les ont "trahies" , mais je pense qu'elles verront la situation avec un autre regard ! Et plein de gens qui ont peur d'aller se faire dépister ne le font effectivement pas à cause des campagnes de peur qu'il faut inverser. Comment est-il possible que les amateurs associatifs aient à ce point la primauté sur la communauté scientifique ? De toutes façons, ici, il s'agit d'un site de séropos et tout le monde a bien compris que nous allons commencer par soulager les nôtres en leur disant qu'ils ne représentent plus aucun danger pour quiconque s'ils sont en charge indétectable. On règlera nos comptes avec la "prévention" et SIS ensuite.
Envoyé par jcm le 10/15/2008 - 15:55 :
Lutte contre l’épidémie ou campagne hédoniste ? La campagne «Love life – stop sida», qui coûte des millions, n’apporte rien de nouveau, à part quelques dérives bien connues depuis quelques années. La situation est grave. Au cours de la seule année 2002, le nombre des nouveaux cas de tests VIH positifs a augmenté de 25 %. Depuis, le nombre des infections se maintient à un haut niveau. Et l’on ne sait pas combien de personnes ignorent qu’elles sont infectées. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) mise sur une campagne qui rappelle les publicités pour les produits de lessive. Ce qu’elle «vend», c’est un style de vie qui n’est pas partagé par la majorité de la population. Des stars hollywoodiennes, avec leurs frasques, leurs amourettes, leurs séparations et leurs liaisons homosexuelles sont données en exemple à notre jeunesse. Dans les spots cinématographiques prévus, on pourra voir Graham Chapman, cofondateur des Monty Python. Or les films de ce groupe, dont les plaisanteries se situent en dessous de la ceinture, blessent les sentiments religieux de nombreuses personnes. Il est évident que ce qui est mis en avant, c’est l’épanouissement sexuel. La campagne rappelle l’idéologie des soixante-huitards qui manifestaient contre la guerre du Vietnam en scandant le slogan «Make love, not war». Malheureusement, il n’est pas du tout question de responsabilité. Or les personnes séropositives ont le devoir de ne pas transmettre le VIH et d’informer leur partenaire de leur infection. Etre responsable, c’est construire une relation à deux et renoncer aux infidélités, aux rapports avec des prostituées et à la consommation de drogues. En revanche, pour l’OFSP, il ne s’agit pas d’éviter les risques mais seulement de les réduire. On attend autre chose d’une instance officielle qui devrait endiguer la progression des maladies infectieuses et informer les citoyens de leurs risques. Au début de 2003, au moment de l’épidémie de SRAS, ledit Office avait interdit aux employés des exposants de Chine et du Vietnam de travailler sur les stands du Salon de l’horlogerie et de la bijouterie. Et dans la lutte contre le tabagisme, l’OFSP ne ménage pas les fumeurs : il veut les dissuader par des images choquantes. Il en va tout autrement dans la campagne anti-sida où il est question de «joie de vivre» et de «sexualité vécue positivement». Pour les personnes atteintes, les conséquences d’une infection par le VIH sont graves: elles bouleversent entièrement leur vie. Cette campagne n’en tient guère compte. *********************************Je rajoute, après avoir lu cela, mon commentaire . On pourrait croire que ce tissus de conneries est l'oeuvre d'une association fondamentaliste américaine, alors je vous donne son signataire, qui est : SIDA Information Suisse, 8/6/05 , et dont j'ai trouve la trace en suivant l'un des liens de votre blog.
Envoyé par jcm le 10/15/2008 - 12:33 :
M Spire, je vous rappelle que Aides est au service des malades d'abord et de la prévention ensuite. En charge indétectable, les séropositifs ne sont pas contaminant. Ceci doit être votre message prioritaire. La prévention n'est pas votre mission, et vousl'avez assurée aux dépens des malades.