sexualité, vers la parité homme-femme

La femme, l'égale de l'homme ? A la lecture d'une étude sur la sexualité des Français, on peut répondre que sur ce point, la femme 2008 fait jeu égal avec l'homme. Au niveau des pratiques, des partenaires, ou de la longévité sexuelle, la femme, longtemps soumise au diktat sexuel masculin, s'en est émancipée et libérée. Trente ans après mai 68 et la contraception, les ventres se sont déliés et les femmes sont passées d'un statut sexuel de soumise et passive à un statut d'active et dirigiste.

Le Nouvel Observateur livre cette semaine en avant-première les conclusions d'une "enquête sur la sexualité en France" menée à l'initiative de l'Agence nationale de la recherche sur le SIDA. C'est la troisième enquête de cette envergure en 35 ans. Les deux dernières radioscopies de l'intimité des Français avaient eu lieu en 1992 pour la plus récente et en 1972 pour la plus ancienne. Autant dire qu'il était temps d'actualiser ses données à l'aube du troisième millénaire. Chose faite avec cette nouvelle radiographie dont la synthèse s'étale sur 600 pages et est basée sur 12.364 interviews téléphoniques menées de septembre 2005 à mars 2006 auprès d’hommes et femmes âgés de 18 à 69 ans.

"L’un des changements majeurs est sans conteste le rapprochement des pratiques des hommes et des femmes", relèvent les auteurs de cette enquête. Ainsi de l'âge de l'entrée dans la vie sexuelle des hommes et des femmes. En un demi-siècle, si l'âge de l'initiation sexuelle des hommes s'est abaissé d'un an et demi pour débuter aujourd'hui à 17,2 ans, celle des femmes est passée de 20,6 à 17,6 ans. Et cette première expérience est de "moins en moins le début d’une histoire conjugale officielle", souligne le rapport. En particulier pour les femmes pour qui il y a cinquante ans, cette première fois était synonyme pour deux tiers d'entres elles de découverte de leur futur conjoint, là où les hommes n'était un tiers. Aujourd'hui, ce n'est le cas qu'une d'une personne sur dix. Même si les femmes s'installent encore souvent d'emblée dans un modèle "préconjugal", tentant de conjuguer sexe et sentiment, quand les hommes, eux, s'en tiennent plus à une expérience personnelle et sans engagement. De cette « première fois », découle "la jeunesse sexuelle", "période entre l’adolescence et l’âge adulte", période qui aujourd’hui a doublé, passant à quatre ans de papillonnage contre deux dans les années 40.

Question partenaires, si les femmes en déclarent toujours moins que les hommes, l’écart se resserre. Notamment chez les plus jeunes. Là où les hommes continuent de déclarer 12 partenaires, les femmes en comptent 5. Mais si on connaît la vantardise masculine, on connaît aussi les femmes et leur mémoire sélective qui n’ont tendance à retenir que les amants qui ont compté. Néanmoins, les femmes n’ayant connu qu’un seul partenaire sont devenues minoritaires. Elles étaient 68 % en 1970 contre 34 % en 2006. D’un autre côté, 34 % des hommes et 24 % des femmes déclarent avoir eu des «relations parallèles».

L’homosexualité est aujourd’hui une démarche mieux assumée. 4% des femmes –autant d’hommes- entrées dans la vie sexuelle déclarent avoir déjà eu des rapports homosexuels (contre 2,6% en 1992). Elles sont aussi plus nombreuses que les hommes à avouer leur attirance pour le même sexe (6,2% contre 3,9%). Et dans la pratique, les jeux amoureux sont plus que hier diversifiés. Surtout chez les femmes. Ainsi, en 2006, 60 % des femmes déclarent s’être masturbées contre 90 % des hommes. Elles n’étaient que 16% en 1970. Pour deux tiers des hommes et des femmes, la fellation et le cunnilingus sont devenus pratiques courantes. Quant à la sodomie, elle n’est pas entrée « dans le répertoire ordinaire des couples » : 9% des femmes et 14% des hommes avouent la pratiquer. Mais un homme sur trois et une femme sur cinq affirment par ailleurs avoir réalisé, au moins une fois dans leur vie, un parcours sexuel sans pénétration et marqués notamment par les campagnes de prévention du SIDA, environ 20% des jeunes hommes de 18 à 24 ans "ne manifestent d’intérêt ni pour la sexualité ni pour le couple", relèvent les auteurs. L’année précédent l’enquête, près de 11% des femmes et 7% des hommes n’ont pas eu de rapports sexuels du tout. Entre 18 et 35 ans, on compte deux fois plus d’inactifs masculins que féminins. La tendance s’inverse après 50 ans.

Les Français déclarent 9 rapports par mois et les plus satisfaits de leur vie sexuelle sont les femmes à 44% contre 35% pour les hommes.

Par La Rédaction Livenet, le 13/03/2008 09:46

A voir sur le portail Livenet.fr Le Club
Vidéos
Le mag
Forum
Jeux
Comparaison de prix
Contact et infos Le blog Livenet
Suggestions sur Livenet
Aide générale Livenet
Charte du forum
Mentions légales
Reporter un abus
Presse

Copyright © 2004-2009 Tigersun - Tous droits réservés 0.0674s