L’INSEE a clairement annoncé un net recul du PIB (0,1 %) au troisième trimestre, faisant suite à un recul encore plus net (0,3 %) au deuxième trimestre. Et, au vu de la crise économique, le dernier trimestre ne risque pas de surprendre en bien. Comment appeler ce recul ?
Le ministre du budget, Eric Woerth, se refuse à parler de récession. « Par nature, la France n’est pas en récession. » déclare-t-il, même si on peut se demander ce que la nature vient faire là-dedans. Il prouve son optimisme en répétant que la croissance pour 2008 de 1 %. « Ce n’est pas une récession, dit-il, c’est une très faible croissance. » Ah bon ?
Tout le monde ne partage pas sa candeur. Pour François Hollande, ci-devant encore secrétaire du PS pour quelques semaines, « la récession est là ». Ce qui lui permet d’en mettre une louche contre Sarkozy qu’il accuse, par ses choix économiques, d’avoir « amplifié la secousse de la crise économique internationale. »
Lequel Sarkozy se démène pour tenter de trouver une solution, tentant – en vain pour le moment – de convaincre ses homologues européens de faire front uni contre la crise. Préoccupé par ce qui est ou n’est pas une récession, il en a même annulé un discours qu’il devait tenir devant 10.000 apprentis venus de toute l’Union Européenne.
Sur le plan économique c’est la panique. Sur le plan sémantique aussi. Selon le dictionnaire, une récession est un « ralentissement de l’activité économique ». N’est-ce pas le cas ?
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