Famille

Qui aime bien doit-il bien châtier ?

En Europe, la fessée est illégale dans dix-huit pays. Mais pas chez nous !

En savoir plus

Ni claques, ni fessées : www.niclaquesnifesses.org

L’union des familles en Europe : www.uniondesfamilles.org

Le Conseil de l’Europe : www.coe.int

 

Le Conseil de l'Europe vient de lancer une campagne de sensibilisation contre la fessée administrée aux enfants. En France, la pratique a ses défenseurs. Est-ce grave de corriger son bambin à coup de fessée ? Doit-on culpabiliser le parent « fesseur » ?

 

« Je te préviens, tu vas te prendre une fessée cul nu ! » Méfiez-vous, car si vous passez à l’acte, il se peut bien que vous tombiez sous le coup de la loi. Il ne s'agira pas ici d'aborder le thème des enfants victimes de maltraitance, mais des fessées échappées des mains de parents à bout de nerfs.

Le 15 juin dernier à Zagreb (Croatie), le Conseil de l’Europe lançait une campagne anti-fessée. Dans un communiqué de presse, l’organisation européenne dévoilait les objectifs de cette campagne : « Cette initiative (...) a pour objectif l’interdiction complète des châtiments corporels à l’encontre des enfants, la promotion de la parentalité positive, et la sensibilisation aux droits des enfants dans toute l’Europe ». Le slogan de cette campagne : « Levez la main contre la fessée ». C’est donc bien elle, la fessée, celle qui consiste à administrer du plat de la main une lourde tape sur le postérieur de sa progéniture, qui est montrée du doigt. Montrés du doigt, également, les géniteurs « fesseurs ».

En Europe, la fessée est illégale dans 18 pays. La campagne vise à convaincre les pays old school, dont la France, qui n’interdit fessées et autres coups qu’à l’école, de changer la législation. Deux associations s’affrontent et militent dans l’hexagone. Ni Claques ni fessées se posent en détracteur, l’Union des familles de France, en promoteur.

Pour la première : « Ces punitions n’ont pas d’action à longs termes puisqu’elles ne modifient pas les comportements au-delà du moment de la punition. Mais elles obtiennent en général assez vite, par la peur qu’elles engendrent, une obéissance immédiate ». Les fessées seraient donc inefficaces en termes d’éducation et effraieraient la marmaille.

« La fessée est l'échec de la parole »

L’union des familles ne défend pas la fessée à proprement parler, mais plutôt le droit d’opter ou non pour celle-ci : « L’union des Familles en Europe ne se prononce ni pour ni contre les fessées. Elle demande que le Conseil de l’Europe respecte les choix éducatifs des parents. » Dans ce cas, la fessée est présentée comme un choix éducatif. Intéressante posture que de considérer la rouste appliquée sur arrière-train comme un choix, pensé et voulu donc, éducatif...

Robert Lévy est psychologue. Selon lui, « toute entreprise de sensibilisation des parents concernant la fessée est une bonne chose. Elle devient mauvaise si elle vise à culpabiliser les parents ». Car si une correction vous échappe, ce n’est pas la peine de vous mettre la tête dans le mur pour autant. Que celui qui n’a jamais fessé vous jette la première pierre ! Soyez assurés que ce geste incontrôlé n’aura pas d’effet traumatisant sur votre progéniture. Robert Lévy déplore davantage dans l’administration d’une fessée, « l’échec éducatif de la parole des parents ».

La fessée est la manifestation violente d’un parent exaspéré. Le genre d’acte ingouvernable qui apparaît parce « les parents n’ont pas su tenir les limites qu’ils avaient imposées par la parole à leur enfant. Ils ne les appliquent pas, craignant souvent d’être trop sévères et sont finalement poussés à bout avant de s’être faits obéir ». Et là, CLAC ! Alors tenez les limites que vous avez imposées, privez de mi-cuit au chocolat, envoyez dans les chambres, imposez l’émission de Jean-Luc Delarue à la place de la sieste, et le bruit sourd de votre lourde main sur le séant de votre chérubin ne vous hantera plus la nuit...

 

L’infantile en psychanalyse, la construction du symptôme chez l’enfant, Robert Lévy, éditions Arcanes-Erès, disponible en septembre 2008.

La France tient encore aux fessées

L’union des familles en Europe a réalisé en décembre dernier une enquête auprès des grands-parents, parents et enfants. La France est-elle prête à abandonner la fessée? L’enquête pose des éléments de réponse. Reste toutefois à préciser que pour participer il fallait se rendre sur le site des familles en Europe. On imagine que les opposants à la fessée ne squattent pas les lieux...

On y apprend en tout cas, que 87% des parents reconnaissent avoir déjà donné une fessée à leurs enfants. Si 77% des parents pensent élever leurs enfants en leur administrant la fameuse tape, 21% admettent toutefois qu’ils profitent de les élever à la fessée pour, en même temps, se défouler (sic).

Les châtiments corporels autres que la fessée, jugés trop sévères, ont peu d’adeptes. Les gifles occupent la première position, 24% des parents ont déjà infligé un soufflet. Le martinet, cet horrible petit fouet cinglant, n’est plus utilisé que par 10% des parents. Ces pratiques semblent avoir vécues, ce qui n’est pas le cas de la fessée. Côté bambins, 64% affirment qu’ils élèveront leurs enfants comme eux ont été élevés. Place à une nouvelle génération d’enfants fessés !

 

Par Dorothée, le 21/06/2008 18:00

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