* Mission Impossible : 4 120 207
* Mission Impossible 2 : 4 097 256
* Le Fugitif : 3 536 519
* Les Incorruptibles : 2 459 380
* Bélphégor, le fantôme du Louvre : 2 032 144
* Charlie et ses drôles de dames : 1 8 55 528
* Chapeau melon et bottes de cuir : 1 326 891
* La Famille Addams : 1 230 560
* Shérif fait-moi peur, le film : 178 322
Les sorties simultanées de Sex and the City et de X-Files rappellent les liens étroits qui unissent désormais les écrans de télé aux salles de cinéma. Avec les super-héros, les séries font parties des principaux fournisseurs des succursales hollywoodiennes.
Si le phénomène paraît récent, en réalité, il remonte aux années 70 quand une série quasi-mythique (du moins pour ses fans) eut droit aux honneurs du grand écran : Star Trek ! Le premier film connut un tel succès qu’il fut suivi par une foule d’autres, pas forcément de très grandes qualités. Un nouveau Star Trek sortira d’ailleurs au cinéma en 2009. Le filon paraît inépuisable.
Pourtant ce sont des séries policières qui ont relancé la mode à partir des années 80 –90. D’abord Les Incorruptibles qui permit à Sean Connery de gagner l’Oscar du second rôle et dont une suite est annoncée. Puis Le Fugitif, sans aucun doute l’une des meilleures adaptations de séries, avec Harrison Ford dans le rôle du traqué. Et enfin l’inévitable Mission Impossible drivé par Tom Cruise. Trois épisodes des aventures d’Ethan Hawke (dans le premier film le Jim Phelps de la série originale se révèle être un traître) et ce n’est pas fini, dit-on.
Dès lors, la porte était ouverte pour toutes les séries et, hélas, pour tous les abus. Les Mystères de l’Ouest se muèrent en Wild Wild West (le titre original) avec un James West grand et noir (ce qui n’est pas grave) mais avec un scénario complètement stupide (ce qui est très grave). Les Drôles de dames, déjà pas bien brillantes à la télévision devinrent Charlie et ses drôles de dames, double niaiserie (deux films, eh oui) que seuls les amateurs de sixième degré ont (peut-être) réussi à supporter.
Dans la foulée, le cinéma américain nous a gratifié d’un Starsky et Hutch, qui valut surtout par la présence finale des deux vrais héros de la série, et d’un Shérif fais-moi peur, parfaitement conforme à la débilité de la série.
Par pudeur ne nous étendons pas sur Les Allumés de Beverly Hills d’après une série consternante, heureusement inédite en France, ni sur Espion et demi d’après Les Espions qui, au contraire, ne manquait pas d’atouts.
On préférera sans nul doute La Famille Addams et sa suite (Les Valeurs de la famille Addams) même si tout le charme de la série ne se retrouve pas sur grand écran. Par contre le triptyque Y a-t-il un flic pour… retrouve le délire de Police Squad pour la bonne raison que les mêmes auteurs se sont retrouvés aux commandes.
Car là se situe la différence : quand les protagonistes de la série sont aussi dans le film, ce dernier gagne en qualité. Bean, le film, est fidèle à Bean, la série, grâce à Rowan Atkinson et son équipe. A contrario, Chapeau melon et bottes de cuir est une hérésie pour qui connaît un peu la série.
Sex and the City et X-Files Régénération sont non seulement écrits par les auteurs de la série mais aussi joués par les acteurs initiaux. Le risque, bien sûr, est de donner l’impression aux spectateurs de ne voir qu’un épisode supplémentaire. Il faut faire preuve d’imagination. Un terme de moins en moins en vogue à Hollywood…
On eut pu croire la France, pays de littérature et de théâtre, peu sensibles aux sirènes de la télévision. Le phénomène a largement débordé les petits écrans pour envahir les salles obscures.
Ne parlons pas des tentatives de certains animateurs de percer au cinéma (la prestation de Nagui dans Une femme très, très amoureuse vaut son pesant de cacahuètes). Ne parlons pas non plus de l’utilisation éhontée de voix d’animateurs pour des dessins animés (dernier en date Kung-fu Panda). Mais parlons de séries.
On devrait plutôt dire de feuilletons car l’histoire de la télévision française, avant d’être envahie par les séries made in USA, est riche en feuilletons : de Vidocq aux Rois maudits en passant par Les Saintes chéries et Thierry la Fronde.
Quelques tentatives furent lancées pour en transposer à l’écran. Les Brigades du Tigre, le film, ne manquait pas d’attrait … dans ses cinq premières minutes. Ensuite le film partait, hélas, en eau de boudin. Les Chevaliers du Ciel (tiré également d’une BD) refusait de renouer avec l’humour de la série et ce fut une erreur. Vidocq n’eut rien à voir avec la série et s’imposa comme un conglomérat indigeste. Belphégor ne valut pas beaucoup mieux.
Bilan : autant de coups d’épées dans l’eau.
Mais c’est en adaptant une excellente série britannique que la France s’est collée une honte pour plusieurs décennies : Absolument fabuleux. Le genre d’affront qui aurait donné raison aux Britishs de déterrer la hache de guerre…
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