On ne le répètera jamais assez, les cours de préparation à l’accouchement sont essentiels ! Alors allez-y !
On y reçoit de précieuses informations sur le déroulement et les sensations de cet évènement. De plus une visitée commentée de la salle de travail est souvent organisée. Cela va permettre de remettre les peurs à leur juste place et de rassurer les futures mamans !
A lire :
Le mystère des mères. Catherine BERGERET. Ed. Desclée de Brouwer
L’accouchement est un grand moment, unique et fort. On le pressent toutes, mais on ignore comment ça va se passer. L’inconnu du jour J ouvre la porte à toutes les craintes, tous les fantasmes. On a beau savoir que la grande majorité des accouchements se déroule sans complication médicale, on s’angoisse. C’est normal, comment ne pas être bouleversée par cette étape fondamentale qu’est la naissance de son enfant ? Comment ne pas être tétanisée également par les histoires catastrophes dont les femmes enceintes sont abreuvées ? Or, il faut savoir que bon nombre de peurs n’ont aucune raison d’être. La preuve ...
La peur de la douleur : Et si elle était insupportable ? La sage-femme a des solutions !
Inutile de mentir, accoucher fait mal. Mais, pas toujours de la même façon, car le seuil de tolérance à la douleur varie d’une femme à l’autre. Certaines ont des contractions douloureuses mais supportables, et d’autres sont très vite submergées par ces sensations. Evidemment, on ne peut ignorer l’aspect culturel de cette douleur : selon les histoires familiales ou amicales circulant sur ce thème, on a plus ou moins peur et donc plus ou moins mal. Il s’agit donc en premier lieu d’éviter de se faire une montagne de cette douleur, sans pour autant l’ignorer.
Premièrement, sachez que l’intensité et la fréquence des contractions sont progressives. Ces dernières ne font pas toutes mal et les premières ne sont pas d’emblée longues et intenses. Le corps a ainsi le temps de s’adapter.
Ensuite, il existe bien entendu des solutions que la sage-femme pourra vous proposer. Par exemple en modifiant votre position : « l’accouchement par les reins » est souvent douloureux car le bébé est en position « postérieure ». Il a bien la tête en bas, mais son dos s’appuie contre le votre. En se mettant à quatre pattes, la pression est moins forte sur vos lombaires.
Enfin, la solution la plus connue et la plus efficace si la douleur est vraiment intense, on vous proposera la péridurale, dont bénéficient aujourd’hui plus d’une maman sur deux.
La déchirure du périnée : Peut-on l’éviter ? Nos muscles sont élastiques !
Dans ce domaine, souvent, on craint le pire, que ce soit suite à des lectures ou des discussions. A tort.
Les déchirures, ou même les épisiotomies (incision chirurgicale du périnée), renvoient une image de béance sanglante totalement fausse ! Le périnée est un ensemble musculaire attaché « en hamac » à la symphyse pubienne et au coccyx : il a la particularité d’être extrêmement élastique et c’est tant mieux ! Le jour de l’accouchement, les muscles s’étirent suffisamment pour que la tête du bébé puisse passer naturellement et sans trop de dégâts chez une femme en bonne santé ! Par ailleurs, au moment où la tête apparaît, la sage-femme vous donne des conseils pour pousser en douceur afin justement de préserver le périnée. Et puis gardez en tête qu’une petite déchirure vaut mieux qu’une grande épisiotomie. Le périnée peut donc se déchirer un peu, la cicatrisation est rapide et sans complication !
Et si je ne me contrôle plus et hurle ? Vous avez le droit …
Notre société prône le self-control. Or, ce jour-là, c’est tout le contraire qui nous arrive ! On ne se maîtrise pas, c’est notre corps qui prend le relais et nous guide. Les sensations sont inhabituelles et tout cela fait partie intégrante de l’accouchement. C’est troublant, c’est vrai, mais dans ce cas mieux vaut faire confiance à notre corps qui connaît la marche à suivre. Comme au cours des rapports amoureux, il y a un moment où on se laisse aller. Il faut, ainsi savoir retrouver la même facette « animale » au cours de l’accouchement.
Et si vous commencez non pas à hurler, mais à crier, peut-être entendrez-vous d’avantage un grognement sourd qu’un cri aigu, et d’ailleurs, quand bien même ! C’est un son qui accompagne souvent le moment de la poussée et qui marque une décharge d’énergie, un peu comme un tennisman qui frappe dans une balle !
Ne pas contrôler ses sphincters en poussant … Ça arrive à une femme sur cinq !
En toute autre circonstance, on comprend parfaitement que cela puisse être gênant. Pourtant, au cours d’un accouchement, c’est l’exemple type du non-événement ! Au moment où la tête du bébé passe sur la zone anale, toutes les femmes éprouvent l’envie d’aller à la selle. Et toutes, a postériori, ont la sensation d’y être allé. En réalité, seule une sur cinq aura vidé son rectum. Mieux vaut donc s’attendre à cette sensation afin de ne pas être tétanisée au moment où elle surgit ! Et si d’aventure la sensation s’accompagne d’effet, la sage-femme débarrasse discrètement ce qui gêne sans se formaliser ! Quant au papa, s’il se tient près de vos épaules, il ne se rendra compte de rien.
Si ça se passe mal pour le bébé. Il est sous surveillance non stop.
Dans un accouchement, il y a un duo : la mère et son enfant. La plupart du temps, l’un comme l’autre se sortent de cette aventure avec brio ! Les accidents sont très rares et dès le cours de la grossesse, on évalue ce qui pourrait compromettre le passage du bébé : radiopelvimétrie pour mesurer le bassin en cas de doute, repérage de la position du bébé, anatomie de l’utérus… Au cours de l’accouchement, l’équipe continue à surveiller de près le rythme cardiaque du bébé grâce au monitoring, ce qui permet aussi d’intervenir au plus vite (césarienne, forceps) s’il y avait des signes de souffrance fœtale. Quant aux peurs ancestrales : cordon autour du cou, bébé qui ne crie pas,…, la plupart ne sont pas fondées. Un bébé ne crie pas systématiquement à sa naissance et si le cordon s’enroule, il suffit de le dérouler rapidement ou de le couper !
Une angoisse de mort
Au moment de donner naissance à un enfant, chaque femme a rendez-vous avec la vie, mais aussi symboliquement avec la mort. La sienne, celle de son bébé, à l’image encore pas si ancienne des femmes qui décédaient en couche et dont les destins tragiques hantent nos inconscients.
Des souvenirs enfouis
Cette hantise de ne pas survivre est renforcée par l’histoire de notre propre naissance mais aussi les éventuelles complications et même décès qui ont pu survenir au sein de notre famille. Donner la vie réactive le souvenir de tous ceux qu’on a perdu et qui nous manquent en ce moment ou la charge affective est à son maximum.
Le passage d’un cap existentiel
Une femme sur le point d’accoucher est vulnérable, fragilisée par le cap existentiel qu’elle s’apprête à franchir. En même temps qu’une femme accouche de son enfant, elle accouche aussi de son rôle de mère. Elle doit par là devenir plus mûre, plus responsable mais également se séparer du bébé en lui disant au revoir dedans et bonjour dehors. Il faut ainsi faire le deuil du ventre rond, de l’état fusionnel de la grossesse et de son bébé imaginaire. C’est ainsi un moment paradoxal qui est comme si la femme perdait une partie d’elle-même car dans la tête d’une femme enceinte, son bébé n’est pas tout à fait à elle, mais pas tout à fait lui non plus ! Ainsi, face au bébé réel, il faut un temps pour réaliser l’évènement qui diffère d’une femme à l’autre.
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