La France et l’Espagne cherchent des partenaires pour enrayer la piraterie au large de la Somalie : "Notre volonté est qu'il y ait le plus de pays possible dans cette force avec différents pays européens en plus de l'Espagne et de la France, ainsi que "d'autres pays qui ont des intérêts dans la région", a déclaré à la presse la ministre de la défense espagnole Carme Chacon.
Il n’y a pas qu’au cinéma que sévissent les pirates et tous n’ont pas la bonhomie d’un Jack Sparrow. L’affaire du Ponant avait remis les pirates sur le devant de l’actualité. Et l’Espagne et la France viennent d’annoncer que la force navale destinée à protéger les bateaux en Somalie ne serait pas prête en octobre comme prévu. Une aubaine pour les pirates ?
Comme l’explique Jean-Michel Barrault à travers son livre Pirates des mers d’aujourd’hui (Gallimard), depuis une vingtaine d’années, les navires marchands ont subi plus de 4.000 attaques. Les actes de piratage sont parfois de simples chapardages nocturnes, mais aussi souvent des actions violentes menées par des bandes organisées, puissamment armées, avec prises d'otages, rançons, tortures, assassinats, arraisonnements. Des cargos sont maquillés, rebaptisés, vendus.
Avec la mondialisation, c'est 97 % de marchandises, 60 % de produits pétroliers qui circulent sur la mer. Les exactions commises accroissent les coûts, menacent la sécurité des marins. Les attaques sont en effet plus nombreuses (+10% en 2007). En plus de la violence et l'intimidation, via l'usage des armes à feu et des couteaux, les assaillants n'hésitent désormais pas à employer des moyens encore plus radicaux : lance-roquettes et fusils d'assaut. Leur but ? L’appât du gain. Aucun motif politique ni religieux seul l’argent compte.
La mer Rouge est censée être placée sous haute surveillance puisque des bâtiments militaires internationaux la sillonnent. Pourtant, en novembre 2005, à 70 miles nautiques de la côte est de la Somalie, six hommes lourdement armés, à bord de deux bateaux rapides, ont attaqué le paquebot Seabourn Spirit, faisant route vers Mombasa (Kenya). A contrario, le 12 décembre 2004, le Lili Marleen, yacht allemand de 40 mètres, est attaqué le dans le golfe d'Aden par une dizaine de pirates à bord de deux embarcations. Les pirates tirent des coups de feu dans sa direction, mais l'attaque échoue grâce à la réaction du capitaine du Lili Marleen qui accélère subitement sa vitesse de transit. Les pirates visent alors un navire de commerce, le Panormos Pride, qui navigue à proximité. Mais l’armée internationale est alertée. Un avion français, fonce sur les pirates, qui s’enfuient vers le sud vers la Somalie. Dans le même temps, la frégate allemande Mecklenburg-Vorpommern, alertée par l'équipage de l'avion français, rallie la zone pour assurer une surveillance conjointe.
Toutefois cette réussite cache le manque criant de moyens dans cette partie du globe. La mer est immense et les pirates connaissent le coin comme leur poche : ils savent où attaquer et où se cacher après leur fuite. Autre solution : les poursuivre à terre comme ce fut le car pour l’affaire du Ponant.
A noter que la piraterie existe aussi en mer de Chine (notamment dans le détroit de Malacca), où les assassinats sont fréquents, et le long des côtes d’Amérique du Sud.
C’est autour de la Somalie qu’ont décidé de frapper les forces maritimes internationales pour enrager les attaques de pirates. Il est vrai qu’en cette partie du monde plus qu’ailleurs les voleurs sont aux aguets avec, trop souvent, le couteau entre les dents.
Le Bureau maritime international (BMI) a recensé en 2007 31 actes de pirateries le long des côtes somaliennes (contre 11 en 2006). Ces côtes ont la sinistre réputation d'être parmi les zones les plus dangereuses du monde en raison de la présence d’innombrables pirates (impossibles de les recenser) qui, depuis le renversement du dictateur militaire Mohammed Siad Barre en 1991, semblent agir en toute impunité.
Les clans somaliens de la Corne ont abandonné la pêche pour des activités qui rapportent nettement plus : le trafic des immigrants clandestins et la piraterie.
La ville portuaire de Bossasso est devenue leur point de ralliement. De là, équipés d’embarcations légères et rapides, ils se lancent à l’assaut des navires marchands et des bateaux de luxe, agissant de préférence à la tombée de la nuit ou au lever du jour.
Ces groupes sont puissamment armés et n’hésitent pas à parcourir plus de cent kilomètres des côtes pour arraisonner les bâtiments qui entrent en mer Rouge depuis l'océan Indien ou en provenance du canal de Suez.
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