Ce mercredi 22 octobre a été adoptée en Conseil des ministres la réforme de l’audiovisuel public. Prévoyant notamment la suppression de la pub sur France-Télévisions dès janvier 2009, la loi va suivre son cours au Parlement à la mi-novembre avant d’être soumis au Sénat en décembre.
S’il est une réforme qui n’aura pas trainé, c’est bien celle de l‘audiovisuel public. Entamée en janvier 2008 après l’annonce par Nicolas Sarkozy de la suppression de la publicité sur les chaînes du service public, voilà que cette réforme déboule dix mois après en Conseil des ministres ce mercredi 22 octobre où -surprise- elle est adoptée.
« En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées ». C’est sûr qu’à défaut de pétrole, il a fallu trouver des idées pour justement amener du pétrole sonnant et trébuchant dans les tuyaux de France-Télévisions. Le manque à gagner dû à l’arrêt de la pub s’élevant à plus d’un demi-milliard d’euros !
L’idée première est de taxer à hauteur de 450 millions d’euros les chaînes privées en leur prélevant 3% de leurs recettes publicitaires, ajouté au ponctionnement de 0,9% du chiffre d’affaire des opérateurs de téléphonie et d’Internet. 450 millions auxquels viennent se greffer 169 millions d’euros venus de la pub avant 20h (la suppression totale de la pub intervenant en 2011). « On est à peu près dans les clous », commente un cadre de la télé publique dans Libération.
Cette réforme de l’audiovisuel public donne le là à l’ensemble du PAF. Car Nicolas Sarkozy ne peut impunément ponctionner Bouygues sans contre partie. Outre que les chaînes privées vont devoir s’aligner sur les nouveaux horaires de programmation de leurs consœurs publiques, elles vont profiter financièrement et doublement de ce gâteau (cadeau ?) redécoupé.
- Premièrement : pas de pub dans le public = plus de pub dans le privé. Mais comme ce n’est pas assez, notre cher Président a décidé d’assouplir davantage les règles publicitaires et de concéder ainsi une deuxième coupure pub dans les films et fictions des chaînes privées.
- Deuxièmement : comme ce n’est toujours pas assez, une rallonge a été prévue par le biais de l’augmentation du volume horaire de publicité sur ces mêmes chaînes, le faisant miraculeusement passé de 6 à 9 minutes.
- Troisièmement : comme ce n’est toujours toujours pas assez, notre cher Président autorise le « placement de produits ». En clair, une marque pourra payer la production d’une fiction avec en retour l’assurance d’être visible à l’antenne.
« La loi ne met nullement un terme au mandat de Patrick de Carolis (PDG France Télévisions) qui poursuit son mandat et mènera la réforme », a précisé Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication à l’issue du Conseil des ministres. Ouf, celui-là a eu chaud aux fesses ! Mais le prochain PDG sera nommé directement par l’Elysée et révocable de même par Nicolas Sarkozy himself. Juste une petite permission du CSA et des commissions parlementaires sera exigée… demandée… contournée !
La réforme de l’audiovisuel public ou Nicolas Sarkozy maintenant sur vos écrans !
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