Mode

Etiquette éthique

Exemple de vêtement éthique

En savoir plus :

www.novethic.fr : pour en savoir plus sur le commerce équitable et l’agriculture biologique.
www.ethicalfashionshow.com : le site de l’Ethical Fashion Show. La cinquième édition aura lieu du 9 au 12 octobre au Carrousel du Louvre.
www.maxhavelaarfrance.org : organisme de délivrance d’un label de commerce équitable.

La mode éthique représente encore une niche dans l’univers de la mode mais gagne malgré tout en renommée et légitimité. Aujourd’hui délestée de son image de mode ethnique, elle attire des nouveaux créateurs et charme des amateurs de mode chevronnés.

La mode éthique signifie-t-elle qu’il faut couvrir son chef avec un bonnet péruvien? La mode éthique impose-t-elle de porter des boubous ou des sarouels ? Bref, la mode éthique ne s’adresse-t-elle qu’aux babas cool qui allument un bâton d’encens dans une chambre tapissée de tentures ? Non, la mode éthique n’est plus à confondre avec la mode ethnique. Comme n’importe quelle mode, elle est tendance, mais son truc en plus, c’est qu’elle est éthique.
Qu’implique ce terme, éthique ? Une mode est éthique si elle permet aux producteurs et artisans locaux de rester indépendants, si elle paie dignement les travailleurs qui participent à la réalisation du produit et si elle respecte l'environnement. Par exemple les pesticides utilisés dans la production de coton (25% de la totalité des pesticides utilisés) sont à bannir. Il est également primordial de veiller au recyclage des déchets toxiques, types solvants et teintures. Une mode équitable et biologique donc.
La mode, archétype de la superficialité et du consumérisme de nos sociétés occidentales, pourrait donc également être vecteur de valeurs humaines et environnementales. L’éthique et la mode peuvent finalement aller de pair. C’est bien ce que souhaitait démontrer Isabelle Quéhé en créant en 2004 l’Ethical Fashion Show ; un salon de professionnels qui, tous les ans, à Paris, accueille des créateurs du monde entier.

Des créateurs citoyens

« Je voulais prouver que l’on pouvait créer une mode qui soit tendance et qui ait du cœur », explique-t-elle. Les créateurs savent qu’ils doivent offrir des modèles tendances pour espérer trouver des débouchés à leurs produits. « Il y a trop de propositions aujourd’hui pour que la mode éthique se permette d’être trop ethnique », poursuit-elle. Et depuis quatre ans, le salon gagne en ampleur. « La première année, nous n’avons accueilli qu’une vingtaine d’exposants, cette année, on en attend plus d’une centaine ».
Bien sûr la mode éthique, dans la mode, reste très minoritaire - elle représenterait moins de 0,5% du marché - mais tend malgré tout à se développer. Cette croissance est due à l’évolution comportementale des consommateurs. Selon une étude du Credoc publiée en mars 2007,  44% des personnes interrogées déclaraient, concernant leurs achats, tenir compte de l’engagement citoyen de l’entreprise, soit 6% de plus qu’en 2002. En outre, les créateurs de marques sont de plus en plus sensibles aux questions éthiques.
« Beaucoup d’entre eux ont envie de donner un autre sens à la mode qu’ils ont créée », explique Isabelle Quéhé. En France, les marques les plus tendances et qui peuvent toutes vous habiller pour l’hiver, sont, entre autres, Nu, Veja, Article 23, Misericordia ou encore Ideo.
Frein à la démocratisation de cette mode : le prix. Le respect des travailleurs et de l’environnement implique un coût et le prix de revient du produit est évidemment supérieur à celui d’un produit issu d’une marque non éthique. Souvent, nous n’hésitons pourtant pas à payer la marque d’un vêtement plutôt que sa qualité. Alors, les prix justes de la mode éthique, est-ce vraiment un hic ?

La route de la Veja

La basket Veja est la démonstration évidente de l’alliance possible entre l’éthique et la tendance. Créée par Sébastien Kopp et François-Ghislain Morillion, la basket éthique a aujourd’hui trois ans. Streetwear et branché, le style Veja n’attire pas que des consommateurs citoyens, mais aussi des fashionistas et fashionistos. La marque est française, les producteurs du coton bio qu’elle utilise, vivent au Brésil, dans le Nordeste, à Casara. La région est aride, la pauvreté y sévit.

138 familles sont réunies au sein d’une association de producteurs. Les termes commerciaux de l’accord étant équitables, Veja achète son coton 60% plus chers que le prix actuel du marché. Les producteurs peuvent ainsi vivre dignement. Côté semelle, Veja se fournit au fin fond de l’Amazonie. Là, une coopérative de Seringueiros, les autochtones, y récolte le caoutchouc des hévéas, arbres à caoutchouc qui poussent à l’état sauvage. Prix de ce caoutchouc : plus 25% par apport au prix du marché. De cette façon, les Seringueiros préfèrent la récolte du caoutchouc plutôt que le déboisement de la forêt. Pour les Veja en cuir, le tannage au chrome, très polluant, est abandonné au profit du tannage aux extraits végétaux, comme l’acacia.
Au final, la Veja a fière allure et rivalise aisément avec ses copines baskets, un peu moins regardantes sur les questions éthiques. Et du producteur au consommateur, la basket marche sur une route digne et non polluée.

www.veja.fr

Par Dorothée, le 29/08/2008 19:30

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