EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale) est un nouveau fichier policier né le 1er juillet 2008. Célèbre après seulement quelques semaines d’existence, EDVIGE fait parler de lui partout, à la télévision, dans les journaux, mais quelle est la situation exacte de ce nouveau fichier ?
EDVIGE… Un nom bien doux pour un sujet qui suscite tant de polémiques.
Il s’agit en fait de la fusion entre les fichiers des Renseignements Généraux et ceux de la Direction de la surveillance du territoire en juin dernier.
Il est bien entendu impossible de connaître en détail les renseignements que contiendra précisément le fichier, mais il s’agit essentiellement d’une base de données pour collecter des informations personnelles, comme il en existe en fait déjà plein au sein des services de polices. Les informations pouvant être collectées porteront sur des personnes publiques (politiques, syndicales, religieuses) ou encore sur des individus (ou groupes) "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public".
Les données enregistrées concernent les personnes âgées de 13 ans et plus et contiennent les éléments suivants :
- l’état civil et la profession ; adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ;
- signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement ;
- titres d’identité ; immatriculation des véhicules; informations fiscales et patrimoniales; déplacements et antécédents judiciaires ; etc..
L’enregistrement des données est toutefois plus limité pour les personnalités publiques, l’enregistrement de données relatives aux comportements ou aux déplacements ne touchant pas ces personnalités.
Devant le refus massif de la part des politiciens mais également d’associations pour l'existence d'Edvige, la Ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a proposé une solution alternative mardi, devant un parterre de journalistes.
Comme solution, la ministre est prête à proposer aux farouches partisans du « Non à Edvige », le « droit à l'oubli » pour les mineurs.
Ce terme un peu barbare signifie en fait que les mineurs n’ayant participé à aucun délit après un certain délai, pourraient bénéficier d’un coup de gomme sur leur fiche. Ainsi, les personnes qui se sont tenues à carreau après avoir commis un méfait dans leur jeunesse, pourraient sortir du fichier Edvige une fois la majorité atteinte.
Bien entendu, cette mesure toute fraiche nécessite encore des précisions et des éclaircissements, notamment sur la question des orientations sexuelles, comme l’affirme la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade.
Malgré les nombreuses inquiétudes que suscite ce fichier, il a été estimé par le vice-président de l'UMP Jean-Pierre Raffarin et le député UMP de Paris, Pierre Lellouche, qu’Edvige ne menaçait ni «la démocratie», ni l'«Etat de droit». Ils rappellent ainsi aux politiciens qui se servent d’Edvige et des citoyens mécontents qui s’y opposent, de ne pas « instrumentaliser » le fichier à des fins politiques.
De nombreuses associations et personnalités politiques ont déposé des recours contre Edvige, mettant en cause sa légalité. Le Conseil d'Etat devrait rendre fin décembre sa décision sur ladite légalité du fichier policier et mettre ainsi un point final à l’existence ou non de notre pauvre Edvige.
Fort heureusement, il a été affirmé qu’Edvige possédait ses limites et ne ferait jamais apparaître de fichage d'homosexuels, de séropositifs ou de malades» … .On est rassurés !
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