« Je suis une contradiction permanente ». Ainsi se définit Raymond Domenech. Mais cette contradiction n’est pas l’apanage du sélectionneur des Bleus. Cette étiquette est a apposé à l’ensemble du football français, des joueurs aux instances dirigeantes. Et ce n’est pas le match nul arraché de haute volée samedi contre la Roumanie qui va sortir les acteurs d’un dilemme s’apparentant de plus en plus à une crise d’autorité.
L’autorité du conseil fédéral déjà, qui aux yeux du public s’est vu décrédibiliser depuis le 3 juillet dernier, date à laquelle le président de la Fédération française, Jean-Pierre Escalettes, a imposé le maintien de Raymond Domenech malgré la déroute à l’Euro 2008. Alors que toutes les équipes défaites en suisse se sont séparées de leur entraineur, la France, elle, a décidé -exception culturelle ?- de le maintenir. Si le sélectionneur national se devait d’être remercié, c’était bien à moment-là.
Depuis, le staff français, dont certains membres sont connus pour être de fins politiciens, pratique la politique de l’autruche, comme la politique au jour le jour. Depuis, pas une rencontre de l’équipe de France sans qu’à l’issue ne se profile la question de la tête de Domenech. Comme si à chaque match se rejouait l’Euro helvétique.
Le Roumanie-France de ce week-end n’échappe pas à la règle. Mercredi, le Conseil Fédéral va devoir trancher. Trancher la tête de Domenech ou la sauver. Cela au lendemain d’une rencontre amicale contre la Tunisie qui risque de peser lourd dans le choix des votes. Ainsi, le public peut-il à lui seul virer le patron des Bleus par la seule force de ses sifflets et par-là forcer le Conseil à couper les ponts avec l’ère Domenech.
Le public, la seule autorité encore compétente dans un football français sclérosé ?
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