Nom officiel : Union de Birmanie
Superficie : 678 528 km2
Population : 54,3 millions
Capitale : Rangoun (5,8 millions d'habitants)
Villes principales : Rangoun, Mandalay
Langue officielle : Birman
Monnaie : Kyat
Taux d'alphabétisation : 85% officiel - 60% source officieuse
Religions : bouddhisme (officiellement 90%), islam, christianisme
La Birmanie a enfin accepté une aide humanitaire pour ses 2,4 millions de sinistrés. Il aura quand même fallu trois semaines aux dirigeants pour accepter cette aide et ouvrir leur pays aux secouristes de toutes nationalités. Gros plan sur un pays étouffé par la junte militaire.
De trop puissants voisins
Située entre l'Inde, la Chine et la Thaïlande, la Birmanie a très longtemps souffert de la puissance de ses voisins. Après avoir subi l'influence de l'Inde, le premier empire birman ne fut fondé qu'au XIème siècle. Ce territoire fut la proie des Mongols puis de divers groupes ethniques. En 1825, l'Angleterre s'y intéressa et, durant 60 ans, mena une guerre de colonisation au terme de laquelle la Birmanie se mua en simple province de l'empire des Indes. Mais les Britanniques eurent du mal à imposer leurs lois et leurs coutumes. La Seconde Guerre Mondiale provoqua de nouveaux changements. D'abord parce que la Birmanie passa sous le joug des Japonais ensuite parce que, dès la fin du conflit, elle proclama son indépendance. Depuis 60 ans, la Birmanie s'efforce de retrouver son identité.
Le pouvoir aux militaires
Dès 1962 eut lieu le premier coup d'état, fomenté par le général Ne Win, qui fit basculer la Birmanie dans une crise profonde et durable. Devenu un état « socialiste » (c'est-à-dire communiste), elle se retira de la scène internationale tandis que son économie périclitait et que les libertés étaient bafouées. En 1988, un nouveau coup d'état renversa le dictateur Ne Win, propulsa une junte militaire au pouvoir et imposa la loi martiale. Elle en profita pour changer le nom du pays qui devint l'Union du Myanmar. Ce fut le début de sanglantes répressions. Amnesty International n'a cessé de dénoncer l'actuelle dictature birmane, rappelant notamment « la détention prolongée de plus de 1160 prisonniers politiques, détenus dans des conditions carcérales aggravées, (...) l'usage répandu de la torture, (...) le recours au travail forcé et aux enfants soldats » ainsi que « des violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains, à une échelle qui correspond à des crimes contre l'humanité. »
Prix Nobel de la Paix
En 1988, les militaires au pouvoir n'hésitèrent pas à ouvrir le feu sur des foules manifestant dans les rues de Rangoon. Mais ils ne purent jamais complètement réprimer les mouvements d'opposition et durent même accepter d'organiser, en 1990, des élections « libres ». Pas si libres que cela puisque le vote, largement en faveur de la National Ligue for Democracy, fut aussitôt annulé. Ces élections favorisèrent, pourtant, l'émergence d'une personnalité de premier plan : Aung San Suu Kyi, qui reçut le Prix Nobel de la Paix pour ses actions non-violentes. Ne cessant de combattre la junte militaire (qui l'emprisonne ou l'assigne à résidence), elle est soutenue à la fois par la l'ensemble de la population birmane et par la communauté internationale qui voient en elle l'unique moyen de faire revenir la Birmanie vers la démocratie. « Je définis la démocratie comme un système qui garantit à la fois la liberté et la sécurité », a-t-elle déclaré en 2003.
Tous les voyageurs ayant visité la Birmanie s'accordent à dire que ce pays de bord de mer et de montagnes est d'une rare beauté. Ainsi le site http://www.birmanie.net commence par rappeler que « la Birmanie a en effet beaucoup d'atouts pour plaire aux touristes. Elle possède les plus beaux temples d'Asie et des sites fabuleux tels que Pagan aux mille et une pagodes ou encore le paisible lac Inle. De plus la population est haute en couleur et d'une gentillesse exceptionnelle. Enfin cette ancienne colonie anglaise s'est dotée d'une infrastructure touristique de luxe. » Certes, mais ce même site, rappelle l'omniprésence de la dictature, la surveillance continue, le fait que les infrastructures hôtelières ont été réalisées par des travaux forcés, que des villages entiers ont été déplacés et même qu'un tiers du pays est interdit aux étrangers. D'où ce mot d'ordre lancé par Aung San Suu Kyi qui recommande aux touristes de ne pas venir en Birmanie, car ce serait, selon elle, cautionner la junte militaire. D'autant que l'argent du tourisme va en grande partie à l'armée plus qu'à la population. Mais le tourisme n'est-il pas mort avec le cyclone Nargis ?
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