. Faire la paix avec soi-même. Saverio TOMASELLA. Ed Eyrolles
. Imparfaits, libres et heureux. Christophe ANDRE. Ed Odile JACOB
. La positive attitude des paresseuses. Olivia TOJA. Ed Marabout
Les corps parfaits s’étalent partout, sur les panneaux publicitaires, à la télévision, dans les magazines. Pour certains, c’est devenu un objectif central. Mais, pourquoi cette quête de beauté à tout prix ? Que se cache-t-il derrière une volonté démesurée de plaire ?
Le culte du corps
Se mettre en valeur est une notion très répandue aujourd’hui, transposée au niveau physique. Cette notion touche aussi bien les hommes que les femmes, qui sont de plus en plus nombreux à surveiller leur ligne en faisant attention à leur alimentation et en se rendant régulièrement en salle de sport. Mais elle passe aussi par une attention toute particulière portée sur la tenue vestimentaire, les bijoux et les produits cosmétiques.
Pour de nombreux psychologues, vouloir améliorer son aspect à tout prix (chirurgie esthétique par exemple) peut être une recherche effectuée non pour se plaire à soi même, mais surtout pour plaire aux autres. Le regard des autres, les « normes » générées par les diverses publicités, pèsent plus que jamais sur les épaules des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Cette pression lourde et quasi constante générée par la société de consommation, les amis et même la famille, peut conduire à dérégler certains comportements.
L’héritage familial comme origine
Un mauvais aménagement des places respectives du père, de la mère et de l’enfant, peut être à l’origine du mal-être que l’on peut ressentir vis-à-vis de son corps. Un père qui n’aurait pas su trouver sa place, ou qui est absent peut générer un trop grand attachement de l’enfant à l’image parfaite que sa mère a de lui. En grandissant, l’enfant n’arrivera à s’installer que dans des relations où seul compte le regard de l’autre.
Il en va de même pour les enfants qui ont été élevés dans des environnements où la beauté a souvent été mise en valeur, et même fortement sollicitée. De nombreuses femmes ayant connues une telle éducation, sont perpétuellement insatisfaites et les modifications esthétiques tournent à l’obsession ce qui peut devenir très dangereux psychiquement.
Le narcissisme
Pour mieux comprendre les personnes accros à la beauté, il faut s’attarder sur le thème des personnalités de type narcissique. Les personnes en quête perpétuelle de perfection physique sont souvent d’une grande immaturité affective. Elles craignent constamment de perdre les personnes qu’elles aiment et d’être quittées. C’est pourquoi elles ont besoin de l’autre comme support contre leur dépression sous-jacente qui les menace en permanence.
Toute imperfection est vécue, chez une personne narcissique, comme une menace pour leur intégrité physique.
Des relations amoureuses superficielles
Les accros à la beauté, souvent en détresse affective, vivent presque toujours des relations superficielles avec les autres. Elles sont la plupart du temps seules et ne trouvent pas d’épanouissement amoureux. Leur façon d’aller vers les autres ne peut se faire que de manière superficielle, sinon elles refuseront tout simplement de prendre les devants. Quand elles s’engagent dans une relation amoureuse, celle-ci sera basée principalement sur les qualités physique de l’autre, la manière d’améliorer les défauts et surtout ne pas perdre l’amour de l’autre et ce souvent à tout prix.
Le face à face avec le miroir peut ainsi être une épreuve douloureuse pour bon nombre d’entre nous. On se trouve un peu trop… ou pas assez… . Mais pour trouver la sérénité et avancer dans la vie, il est cependant important de se réconcilier avec son corps et de mettre en pratique certaines méthodes qui ont fait leurs preuves :
1) Se défaire de la norme
Prêter moins d’attention aux « canons de beauté » que la société de consommation érige en modèle. Ce sont plus des fantasmes, de l’idéalisation que de réelles normes auxquelles se fier.
2) Oublier la perfection
L’image que nous avons de nous n’est qu’une opinion parmi d’autres. Ce n’est en aucun cas une vérité absolue car la perfection est très subjective.
3) Accepter d’être ordinaire
Une autre tare générée par la société est celle de mettre constamment les individus en compétition et d’entrainer un rejet de ce qui est « moyen ». Mais l’image que nous projetons n’est qu’une image, et surtout nous ne l’avons pas choisie, il faut donc faire avec.
4) Oublier le regard des autres
Il faut arrêter de se sentir sans cesse observer et accepter de ne pas être au top tout le temps. Apprenez à vivre pour vous et non pour les autres, vous éviterez de perdre ainsi un temps et une énergie précieux.
5) Avoir plus confiance en soi
Focalisez-vous sur vos qualités, ce qui vous est propre : connaissances, talents, émotions, manière d’aimer, … . Gravez dans votre tête tous les compliments qu’on pourra vous faire au cours de votre vie et cultivez cette sensation de confiance qui en émane.
6) Sortir tous les atouts
Si vous ne parvenez pas à vous accommoder de vos petits défauts, optez pour la mise en valeur de vos atouts. Maquillage, relooking coiffure, nouvelle garde robe, … . Prenez soin de vous, vous vous sentirez mieux et serez rayonnante de bonheur et donc de beauté.
Quel est votre démarche devant une personne jamais satisfaite des résultats, et qui en devient obsessionnelle ?
Ces personnes, souvent des femmes, sont en souffrance, leur corps lui-même souffre.
Je tente de les orienter vers un psychologue, même si bien souvent elles n’acceptent pas car elles estiment qu’elles n’ont pas de soucis. Il faut éviter de les opérer car la démarche n’est plus « saine ». Je les fais patienter, je majore les risques et parfois, cela fonctionne.
Comment repérer une demande non saine ?
En cas de demande responsable, posée, pas besoin d’aller plus loin dans l’entretien. Mais certains mots ou expressions permettent de détecter une fragilité comme par exemple si une femme me dit : « C’est horrible, regardez mon nez, je n’ose plus sortir, il est trop laid ». Ici, il y a souffrance et il faut réussir à déceler s’il s’agit d’un investissement démesuré ou non.
Certaines personnes cachent-elles leurs demandes non saines derrière d’autres motifs ?
Bien sûr ! Une demande de « base » peut glisser vers une demande plus dérangeante. Cela peut être assez difficile à détecter et il ne faut pas hésiter à informer la patiente que là, elle va vers une dérive, et qu’elle risque de se retrouver avec un résultat non-conforme à ce qu’elle souhaitait.
Copyright © 2004-2009 Tigersun - Tous droits réservés 0.1623s