C’est la question que l’on peut se poser quand on voit les difficultés rencontrées par Free, l’unique candidat, à se voir attribuer la 4ième licence de téléphonie mobile. Entre refus, pression menace et chantage, un 4ième opérateur après Orange, SFR et Bouygues, semble bien être pour certains un opérateur de trop.
Après le rejet par l’ARCEP, le gendarme des télécoms, d’attribuer à Free le titre de 4ième opérateur de téléphonie mobile, la France reste donc pour l’heure le seul pays européen à camper sur son modèle triopole formé par Orange, SFR et Bouygues.
Vendue 619 millions d’euros, seul Free avait déposé un dossier de candidature pour l’obtention de cette 4ième licence. Le refus de l’ARCEP fut motivé par le fait que Free ne tenait pas à régler la totalité de la somme en une fois. Ne désarmant pas, Free revint à l’assaut en demandant une révision à la baisse du prix d’achat.
L’épisode semblait terminé mais c’était sans compter sur Christine Albanel, la ministre de la culture qui s’aventura dans la confusion des genres. Elle signifia clairement à Free que lutte contre le piratage et attribution de la licence 3G était étroitement liées. La cible de la ministre de la culture : le service d’échange de fichier de Free dl.free.fr qui pour elle équivaut à une invitation sans équivoque aux pirates du Net. Elle va même jusqu’à conditionner l’obtention de la licence 3G à l’engagement de Free à lutter contre le piratage estimant que « c’est un pré requis essentiel ». Mais Bercy veille et qualifie les propos de la ministre de « menace stupide ».
Si Bercy veille, c’est qu’officiellement, l’attribution de cette 4ième licence doit se jouer dans ses bureaux mais il n’est pas exclut que ce dossier fasse un détour par ceux de l’Elysée quand on connait les relations chaleureuses entretenues par Nicolas Sarkozy avec Martin Bouygues, propriétaire de Bouygues Télécom, qui pourrait prochainement vouloir vendre sa filiale et éviter une dévalorisation générée par l’arrivée d’un trublion comme Free.
Cette semaine, une autre menace a pointé venant de Vivendi, propriétaire de SFR, qui par la voix de son président a déclaré que la France n’avait pas besoin d’un 4ième opérateur de téléphonie mobile et que le groupe se préparait à une action en justice face au prix de la licence revue à la baisse. Mais question justice, cela pourrait bien être celle de la Cour Européenne devant laquelle certains souhaiteraient voir porter cette affaire comme ce fut le cas en République Tchèque.
A l’heure où 88% de la population française possèdent un mobile, il est dans l’intérêt du gouvernement de promouvoir cette dernière licence car il perdrait alors non seulement de l’argent frais mais, plus grave, il perdrait une occasion de stimuler une vraie concurrence dans un secteur sclérosé pour le plus grand profit… des consommateurs.
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