On savait à quoi servait un président de la République, on nous l'apprennait à l'école.
On savait aussi, jusqu'à récement, à quoi servait un premier ministre.
Mais dans un gouvernement dans lequel l'omniprésence du président couvre l'action de tous ses subordonnés; qui paye la facture en cas d'échec politique cuisant ?
Quand la rue fit reculer Villepin sur le CPE, c'était à Villepin le fusible.
Pas de démission de son poste de premier ministre, certe, mais une décrédibilisation très forte qui lui valut de ne pas pouvoir prétendre à l'investiture de l'UMP pour les présidentielles.
Quand le NON l'emporta lors du référendum pour le traité de constitution Européene, Raffarin démissionna.
Mais là ?
Qui va démissionner en cas de grosse bourde ? Sarkozy ? Puisqu'il fait tout tout seul, qu'il reprend ses ministres, ses secrètaires général, puisqu'il improvise des sauvetages d'infimières bulgares par-ci, qu'il fait le chauffeur pour les rappatriés du Tchad victimes de l'affaire de « L'arche de Zoé » ,
L'ennui d'être partout, tout le temps, et de tout faire c'est que lorsque l'on se trompe alors on subit tout seul les foudres de tout le monde, même des siens.
A trop vouloir se montrer -toujours bien habilement entouré d'objectifs de caméras- Sarkozy risque une chose : sa crédibilité personnelle.
En peu de temps; Sarkozy se prend à défier trop vite trop de monde dans un laps de temps trop court.
Son affichage avec Georges W Bush, l'homme sans doute le plus détesté de la planète, chef d'un Etat perpetuellement en guerre ne semble pas être une bonne idée... Et pourtant! Il y tient!
Sarkozy est-il un homme d'action... Ou de gesticulations ?
On pourrait lui prêter une envie maladive de plaire. De ces envies bipolaires qui rejettent toutes critiques, même de ses amis.
Quand on le flatte, il est aux anges. Ses amis fidèles bénéficie de sa sympathie, quant aux autres... Il n'y a pas de demi-mesure : Enemis, adversaires, concurrent, la vie selon Sarkozy c'est la place du premier à obtenir à tout prix contre n'importe qui de n'importe quelle façon.
Si son attitude de petit cow-boy, pour le coup plus franchement semblable à celle d'un pilier de bar exhortant un type qui l'a bousculé de « v'nir se battre » plutôt qu'à celle que nous projètent précisement les westerns américains énèrve, elle montre surtout ses faiblesses car à s'exposer, on en montre plus qu'on ne le voudrait.
Ainsi : grêve, mécontentement des pêcheurs, problème corse, réforme de l'éducation nationale, les ministres font les lois, Sarkozy les fait siennes ... Et se met ainsi en première ligne, à découvert, pour se faire descendre par une opposition à qui il ne pourra plus désormais reprocher les fautes aussi souvent, cette opposition n'ayant plus connu le pouvoir depuis 2002.
Sarkozy, à force de jouer trop en avant dans l'excès et la représentation perpetuelle risque de ne pas trouver d'autre fusible à faire sauter en cas de grave conflit ... Que lui-même !
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