Panorama de la politique française.

Cinq mois après l' élection présidentielle, voici un état des lieux des partis français, et le moins que l'on puisse dire est que la situation est délicate pour un certain nombre d'entre eux.

Que nous propose-t-on actuellement?
Une gauche ultra nostalgique du socialisme et du communisme. Olivier Besancenot, conscient du manque de poids, a récemment proposé la création d'un grand parti anti-capitaliste. Mais son idée a du mal à enthousiasmer. Il faut dire que tous ces partis ont l'air de tenir à leurs 2 ou 3 % à chaque élection...
Le PS est pris entre deux envies: un virage à gauche ou un virage au "centre".
Se superpose dessus deux défaites consécutives assez humiliantes aux présidentielles. En 2002, le candidat Jospin n' avait pas su s'adapter à la campagne, il avait été pris de court par le fait que J.Chirac porte la campagne sur l'insécurité. En 2007, c'est un manque d'idées qui a fait perdre, avec en plus le fait que la candidate n'était pas convaincue par le programme qu'elle portait. Et comme si cela ne suffisait pas, les ténors du parti sont entrés dans une guerre intestine qui risque de le plonger dans un profond coma. Les militants doivent reprendre le pouvoir et se débarrasser des leaders. Ce ne sera pas trop dur: entre ceux qui partent (DSK vers le FMI, Kouchner et Besson au gouvernement...), ceux qui se sont suicidés politiquement (Fabius, Royal, Jospin...) ... il ne va rester que F.Hollande qui s'accroche à son poste comme une sangsue.
Avis à tous les politiciens en herbe du PS: il y a du boulot, il va falloir se retrousser les manches...

Au centre, c'est le jeu du "je t'aime moi non plus".
Bayrou a su créer un centre rebelle. D'abord vis à vis de Jacques Chirac en refusant d'intégrer l'UMP en 2002, puis vis à vis de Nicolas Sarkozy en le critiquant et en étant un de ses deux opposants de poids. Mais le parti n'a pas réussi à surfer sur la vague des présidentielles.
Le centre traitre d'H.Morin a vendu ses idées pour un poste au gouvernement. Et quel est le poste obtenu ? Un ministère, celui de la Défense, qui est, par le plus grand des hasards l'un des domaines réservés du Président.

A droite, on trouve aujourd'hui le parti le mieux organisé en France.
L'UMP s'est "décomplexée" grâce à N. Sarkozy et tend à nous imposer une société américanisée où "chacun pourrait gagner selon ce qu'il investit" (travailler plus pour gagner plus). Le parti est tout acquis à N.Sarkozy même si de temps en temps on trouve une opposition interne comme au sujet des tests ADN pour justifier le regroupement familial. Ainsi, F.Goulard ancien ministre s'oppose à cette proposition.
Mais le grand danger du moment s'appelle Dominique de Villepin. Ce "freestyleur clasheur" semble vouloir accrocher le scalp de Sarkozy à son tableau de chasse. La sortie de son livre et l'Affaire Clearstream lui offre un espace assez appréciable . La cible est verrouillée et la carabine prête.

Et on trouve ensuite une droite et une extrême-droite qui n'hésitent pas à jouer sur les plus basses peurs des individus pour gagner quelques voix. On aurait bien pu parler du FN, mais à quoi bon? Le gouvernement reprend grand nombre de ses idées, en les édulcorant un peu. Le Fn se retrouve pris le "cul entre deux chaises". Il ne peut ni s'opposer ni proposer. Que faire alors? Rien, et comme souvent ce parti ne bénéficie d'aucune couverture de la part des médias.

Et les citoyens dans tout ça? Chacun est-il représenté en fonction de ses idées? On pourrait penser devant le grand nombre de partis que chacun y trouve son compte. Mais la réponse est clairement non. Un grand nombre de citoyens sont déçus, désabusés, dégoutés....

De même, la volonté de certains partis (PS/UMP) de résumer le débat politique à deux forces est nuisible, ridicule et dangereuse. Nuisible, car on perdrait beaucoup de qualité dans la vie politique. Dangereuse, car elle évincerait certains thèmes des débats de la vie interne d'un parti. Ridicule, car ce serait une fois de plus une copie de ce qui se passe aux Etats-Unis, alors que les différences entre ces deux pays sont fortes.
Enfin, depuis l'élection du président, il semble qu'il gouverne dans une logique de réaction et non d'action, semblant à l'affut du moindre coup médiatique pour réagir. Gouverne-t-on sous le coup de l'émotion? Est ce dangereux comme méthode? On pourrait parler de "régime présidentiel d'opinion publique". N.Sarkozy semble avoir repris le fameux "Je décide, il exécute" à sa sauce. F.Fillon ressemble plus à un attaché de presse qu'à un Premier Ministre.

Par La Rédaction Livenet, le 15/09/2007 12:17

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