Vous vous souvenez de ce truc qu'on appellait « cabine téléphonique » ?
C'était un genre de boite de deux mètres de hauteurs où l'on trouvait un combiné téléphonique.
On insèrait des pièces, au début, puis des cartes , à la fin, et on composait le numéro de téléphone de la personne qu'on voulait joindre (la plupart du temps noté sur du papier) .
«Allô? T'es où?» a remplacé le bon vieux «allô oui?» de nos grand-mères au point que même ceux qui ont connu l'époque sans téléphone-portable en viennent à se poser cette question : « Comment on faisait avant? »
Comment?? Mais on se débrouillait que diable! On s'organisait bordel!
Le téléphone portable est apparu comme objet de luxe tout d'abord, puis comme objet de nécessité.
En faisant en sorte qu'une grande partie des consommateurs, par envie de gadgetisation, se procure ce bidule pour frimer (un peu comme quand on commence à fumer), on crée la jalousie chez l'autre - celui qui ne possède pas - et la nécessité chez le consommateur - celui qui veut joindre - en créant des tarifs de fixe à portable à la limite de l'indécence.
En clair, tout le monde aujourd'hui à 98% est affublé de cette laisse qu'est le téléphone portable.
Première génération, deuxième génération, troisième génération, quatrième génération, ça génère et dégénère au point qu'on ne se rappelle plus l'utilité de départ du téléphone.
SMS, MMS , sonneries, images, E-mails, appareil photo, caméra, télévision , tous les fantasmes de la science-fiction des années 80 synthétisés dans un appareil: le téléphone portable.
Finie la liberté, chaque employé est muni d'une laisse portable avec ou sans antenne afin de savoir qui et quand appelle qui et où.
Sous prétexte de progrès, on nivelle, on flique , on conditionne, on force, on oblige.
La plupart du temps, les clients de ces sociétés de téléphonie mobile n'en ont ni le besoin ni l'utilité.
C'est un gadget qu'il « faut avoir », et en dehors du monde professionnel, il n'est pas rare de voir papa et maman acheter un portable à leur charmant bambin de douze ans.
L'excuse est toute prête « Pour qu'il nous contacte en cas d'accident ».
La question est : « Combien d'accidents les portables ont-ils empêchés? »
Une autre question posée par une mauvaise langue dont tiens le bout pourrait-être : « Combien de tumeurs aux cerveaux engendrées par l'abus d'utilisation du cellulaire aurons-nous à gérer d'ici vingt ans ?
Aucune idée. On sait que les ondes de GSM sont mauvaises pour la santé, mais on ne juge pas utile de pousser l'étude, histoire, sans doute, de ne pas nuire...au confort des consommateurs dont on sait désormais que tout le monde se préoccupe par dessus et avant tout.
Après tout, si le nuage de Tchernobyl a pu s'arrêter à la frontière allemande, nos brillants scientifiques d'Etat et de multinationales pourront sans doute nous démontrer que les ondes GSM traversent tout SAUF le cerveau humain.
Le besoin avide de posséder des trucs, des bidules et des machins, toujours plus toujours mieux que l'autre, plus performant, avec toujours plus d'options, toujours plus de façons de s'en servir; au Diable le téléphone, nous voici avec un couteau suisse nouvelle mode!
«Mais comment ferait-on sans portable ? »
La réponse est-elle si difficile à trouver?
Copyright © 2004-2009 Tigersun - Tous droits réservés 0.0800s