La gauche veut-elle sombrer ?

En 2002, 5 candidats de gauche se présentent aux élections présidentielles et totalisent 19,13% des voix. 24,38% avec les Verts. Au même moment, le PS réunit 16,18% des voix. 18,5% avec le PRG. En effet, après 5 ans de gouvernance du PS, un report de voix s'est effectué en signe de contestation vers les partis de gauche. Mais ce report a été improductif, car il n'a pas débouché sur une candidature unique.

Dans la tradition issue des précédents régimes, les partis de gauche ont adopté une posture tribunitienne. Ils sont identifiés comme défenseurs des ouvriers, des sans-emplois, des sans-logement... des pauvres en somme. Et celà apparaît comme la résultante d'une lutte des classes dépassée pour les uns, et plus que jamais présente pour les autres.

Seulement, la mise en oeuvre de la Vème République a modifié l'ordre institutionnel français. On est passé d'une majorité par texte, à une majorité par programme. Les partis politiques ne peuvent plus se permettre d'utiliser les élections comme une tribune qui leur permettrait de faire entendre leur électorat. Dorénavant, il faut un projet de gouvernement, et il faut rassembler. Et c'est sur la base de cette constatation que plusieurs personnalités du monde militant et associatif ont décidé de mettre en place des discussions en vue de rassembler les forces de gauche qui se sont prononcés pour le "non" à la Constitution européenne. Entre autres, Clémentine Autain (féministe, adjoint à la jeunesse à la mairie de Paris, apparentée PCF), José Bové (figure du mouvement anti-OGM et altermondialiste), Christian Picquet (courant UNIR de la LCR), Jean-Luc Mélanchon (courant PRS du PS), Yves Salesse (Enarque de la promotion voltaire, conseiller d'Etat, ancien dirigeant syndicaliste, ancien cadre LCR, ancien conseiller de l'ex-ministre PCF Jean Claude Gayssot - démissionnaire après la privatisation de l'aérospatial), sont à l'origine d'une première tentative symbolisé par la publication du texte "ambition-stratégie" le 10 septembre 2006. Plus tard, l'incapacité des militants à se mettre d'accord sur un candidat coûtera cher à la gauche aux élections présidentielles de 2007. En effet, à nouveau 5 candidats sont en lisse. Et ils totalisent au premier tour 9% des suffrages. 10,57% avec les Verts. Alors que le PS remonte à près de 26% des suffrages, dont 33% de vote utile (http://www.ipsos.fr/presidentielle-2007/pdf/ssu.pdf).

Fallait-il à la gauche cet échec de 2007 pour qu'elle rebondisse, ou continuera-t-elle à rejetter ses fautes sur les autres ? Les autres partis, les médias ? Des assises auront lieu dans toute la France à l'automne (plus précisément le 20 octobre à Paris) pour reconstruire ce qui s'est détruit durant la campagne présidentielle de 2007. D'emblée la LCR et le PCF sont en grande discussion interne pour déterminer leur propre avenir. Mais si tous les deux ont l'idée de créer un grand parti chacun de son côté, antilibéral pour l'un et anticapitaliste pour l'autre, rien ne modifiera la donnée politique de base : la gauche restera divisée, et rien ne fera disparaitre la conséquence de cette donnée : la gauche restera inutile.

Par La Rédaction Livenet, le 12/09/2007 17:12

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