Face à ce grave et croissant phénomène de société qui est la violence dont sont victimes les femmes, le gouvernement a lancé hier son deuxième plan triennal afin de combattre ce fléau. Ce nouveau programme s’articule autour de quatre objectifs : Mesurer, prévenir, coordonner et protéger.
Briser le tabou. C’est l’élément clé qui ressort de ce plan gouvernemental présenté hier par Valérie Létard, la secrétaire d’Etat à la solidarité. Briser cette loi du silence dans laquelle sont enfermées les femmes victimes de violences. Entre 2005 et 2006, 330 000 femmes ont déclaré vivre avec un conjoint qui a porté la main sur elles. 8% seulement ont déposé plainte et 84% de ces actes n'ont fait l'objet d'aucun signalement à la police ou à la gendarmerie. Silence de peur ou d’acceptation subie face à l’acte violent s’imposant jour après jour comme une norme. Sarah 28 ans : « On repousse toujours l’insupportable. On est dans l’engrenage de la violence en se disant au début qu’on va l’accepter et qu’un jour ça va s’arranger. On est dans ce que l’on appelle une norme, on n’a plus aucune autre projection que celle d’être opprimée ».
« C'est une cause sensible, tragique et en réalité insupportable » a défini la secrétaire d'Etat, Valérie Létard qui a doté son plan de 10 millions d’euros pour 2008. En 2006, 137 femmes sont décédées sous les coups de leur compagnon, soit une femme tous les trois jours. Une femme sur dix est victime de violences conjugales. La ligne d’écoute directe, le 3919, mise en place en mars 2007 et destinée exclusivement aux victimes et témoins de violences conjugales a enregistré 56.000 appels. En 2008, le plan prévoit de renforcer les moyens attribués à cette plateforme téléphonique.
Sur le plan prévention, ce nouveau programme prévoit des actions menées auprès du grand public, notamment des jeunes et des femmes issues de l’immigration, pour les sensibiliser au fait que cette violence n’est pas acceptable. Les dispositifs de prévention de la récidive chez les hommes violents seront renforcés. Valérie Létard s’attaque aussi à l’image de la femme véhiculée par les médias et notamment à la télé et dans la pub. « Certaines images transmettent des représentations ou des propos sexistes » estime t-elle en souhaitant qu'une charte éthique soit élaborée par les professionnels de la presse, du cinéma et de l'audiovisuel. Une vigilance sera aussi assurée sur les cas d’excisions.
La présentation de ce plan intervient à quatre jours de la journée internationale (dimanche 25 novembre) dédiée aux violences faites aux femmes. A l’occasion de cette journée, le Collectif national pour les droits des femmes appelle à un rassemblement samedi à Paris. Le mouvement féministe renouvelle son appel pour une "loi-cadre" qui prenne en compte "toutes les formes de violences à la maison, dans la rue, au travail".
Parallèlement, une campagne organisée par la maire de Paris sur le même sujet a lieu en ce moment (du 7 au 27 novembre).
Téléphone : le 3919 (coût d’un appel local) accessible du lundi au samedi de 8h à 22h, les jours fériés de 10h à 20h.
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